Danses rituelles

Les danses rituelles jouent un rôle essentiel dans de nombreuses cultures à travers le monde et cela depuis des millénaires.

Ces danses ont plusieurs fonctions au sein des sociétés. Ainsi elles permettent :

  • La communication avec les mondes invisibles
  • Exprimer les émotions, les peurs, les joies, les peines
  • Exprimer les croyances, valeurs culturelles et les valeurs cultuelles
  • Célébrer les événements importants dans la vie sociétale du clan
  • Guérir le mal
  • Conjurer le sort
  • Renforcer les liens sociaux

Les danses rituelles sont des expressions culturelles riches et variées qui jouent un rôle important dans la vie spirituelle, sociale et émotionnelle. Rentrons plus en détail dans les fonctions des danses rituelles.

  1. La communication avec les mondes invisibles revêt un caractère important pour les peuples premiers, les peuples racines, tout au long de l’histoire humaine. Elle est souvent au cœur de leur vision du monde, de leurs pratiques spirituelles et de leur relation avec l’environnement. Les ancêtres et les esprits des lieux sont considérés comme des membres actifs de la communauté. La communication avec ces entités permet de maintenir des liens, de recevoir des conseils, des bénédictions ou des avertissements. Cette communication est essentielle pour perpétuer les traditions, transmettre les savoirs ancestraux et assurer la continuité culturelle. Les peuples premiers entretiennent souvent une relation étroite avec la nature, qu’ils considèrent comme vivante et habitée par des esprits. La communication avec ces esprits permet de maintenir l’équilibre écologique, de demander la permission d’utiliser les ressources naturelles et de respecter les cycles de la vie.
  2. L’expression des émotions, des peurs, des joies et des peines est essentielle pour maintenir une harmonie au sein du groupe, du clan, du village, de la société. Les instants importants de la vie des personnes qui composent cette société
  3. Exprimer les croyances, les valeur culturelles et cultuelles servent à transmettre des croyances et des valeurs culturelles, telles que l’importance de la communauté, le respect des ancêtres ou la connexion avec la nature. La pratique des rites cultuels ancestraux qui doivent perdurer pour l’équilibre de la société sont des danses primordiales
  4. Célébrer les événements importants dans la vie sociétale du clan, permet au clan de vivre en suivant le rythme de la nature, des saisons, du cycle vie-mort-renaissance. Solstice, sabbat, rites agraires sont fait pour célébrer les saisons, les récoltes, la protection du bétail ou d’autres événements importants du cycle de la vie
  5. Guérir le mal fait l’objet de danses rituelles qui ont pour fonction de guérir les maladies physiques ou mentales, énergétiques des personnes.
  6. Conjurer le sort fait appel à certaines danses qui peuvent également servir à conjurer le mal, à éloigner les mauvais esprits ou à protéger la communauté contre les catastrophes naturelles.
  7. Renforcer les liens sociaux, ces danses là sont souvent pratiquées en groupe, ce qui renforce les liens sociaux et l’esprit de communauté. Selon la période de l’année, c’était l’occasion de créer les couples, d’assurer la descendance du clan. Elles peuvent également servir à transmettre les traditions et les savoirs d’une génération à l’autre.

Chez moi en Provence nous avons la chance de pouvoir encore danser, dans les groupes folkloriques certaines danses rituelles, que l’on se transmet de génération en génération.

  • la danse des arlequines. Danse très anciennes qui nous arriverait des peuples de Gaulle. De nos jours, c’est une danse de carnaval, exécutée par deux jeunes filles et souvent avec un homme costumé en arlequin. C’est une danse que l’on retrouve dans le folklore de la Provence. Les jeunes filles tiennent des badines, des bâtons sur lesquels sont entourés des rubans de couleur, dans leurs mains, et frappent le sol avec, afin de faire appel à la fertilité et pour chasser les mauvais esprits. Cette danse symbolise également les quatre points cardinaux. En frappant 3 fois le sol à chaque pas de danse et 4 points cardinaux, elles réveillent les forces de la nature. Elles frappent le sol, en sollicitant la protection, en conjurant le mauvais sort. Ainsi la nature va pouvoir s’éveiller, renaître.
  • la danse des grelots est une danse de protection que les paysans faisaient pour préservé leurs champs, leurs cultures, leurs bétails. Les danseurs portent des grelots aux pieds, aux poignets. Lors de la dansent ils martèlent le sol et le tintement des grelots est sensé éloigner les mauvais esprits.
  • la danse des cordelles est une danse que l’on pratique au mois de mai, lorsque les jeunes garçons allaient couper et mettre l’arbre de mai au centre du village. A notre époque l’arbre de mai est représenté par un mât, en haut duquel une couronne de fleurs préparée par les jeunes filles , est placée. Des rubans de couleurs sont accrochés pour que les filles et les garçons tournent autour du mât en entrelaçant les rubans. Le mât représente le masculin, la couronne le féminin. Les deux s’unissent pendant la danse;
  • la danse des chivau-frus. Ce sont des chevaux-bâtons revêtus de jupons pour cacher le balai que les hommes enfourchent. Deux cavaliers s’affrontent dans une danse. L’un représente l’hiver et l’autre l’été. C’est le représentant de l’été qui doit être vainqueur de cette danse. C’est un rite lié à la fertilité et aux célébrations du printemps.
  • La danse des fileuses. La danse des fileuses (ou Lei Fieloua en provençal) est une tradition carnavalesque ancienne, particulièrement ancrée à Aix-en-Provence et dans les villages alentour (comme Les Milles ou Saint-Chamas). Elle tire ses origines de rituels très lointains, à la croisée du sacré, de l’agricole et du festif. Le retour de la lumière : Elle remonterait au Moyen Âge, voire à l’Antiquité, et célébrait à l’origine le retour du soleil après la “nuit hivernale”. Elle est liée au cycle du Carnaval, période où l’ordre social s’inverse avant les privations du Carême. La symbolique solaire : Dans la danse, la “quenouille” (instrument pour filer) est souvent géante et parfois surmontée d’une lanterne, symbolisant la lumière qui revient chasser les ténèbres. Historiquement, la Provence comptait de nombreux villages de tisserands et de fileuses. Exorcisme agraire : À l’origine, certains historiens y voient une danse de pâtres (bergers) destinée à obtenir la protection du troupeau et l’abondance de la laine. Le “Feu des Chanvres” : À Aix, elle était pratiquée le premier dimanche de Carême (dimanche des Brandons). On y brûlait les résidus de chanvre de l’hiver, transformant un travail utilitaire en une fête purificatrice. La danse des fileuses a une particularité sociale et théâtrale marquée : Le travestissement : Traditionnellement, cette danse était souvent exécutée par des hommes déguisés en femmes (en fileuses), portant des bonnets de nuit et des chemises blanches. C’est un trait typique du Carnaval où les rôles sont brouillés. La séduction (danse de brigue) : Dans sa forme chorégraphiée plus moderne, elle mime souvent des scènes de taquineries ou de séduction entre des fileuses et des prétendants, se terminant par une réconciliation joyeuse. Comme beaucoup de danses “à liens” (où les danseurs sont reliés par des rubans ou des accessoires), elle évoque la trame de la vie et la destinée (rappelant les Parques de la mythologie grecque qui filent et coupent le fil de la vie). La danse des fileuses est une survivance de fêtes païennes destinées à “réveiller la nature” à la fin de l’hiver. Elle mélange le souvenir des métiers d’autrefois (le filage) avec la liesse populaire du Carnaval.
  • La farandole : C’est la reine des danses provençales, la plus ancienne et la plus emblématique. Le rite : Elle symbolise l’unité de la communauté. Les danseurs se tiennent par la main et forment une chaîne serpentine qui parcourt les rues. Le symbole : Historiquement, on dit qu’elle mime le mouvement du serpent ou le labyrinthe. Elle “marque” le territoire du village et lie les habitants entre eux. Cette danse se retrouve dans d’autre terroir de France.
  • La danse des bouffets : Une danse plus humoristique mais tout aussi rituelle, souvent pratiquée pendant le Carnaval. Le rite : Les danseurs, vêtus de chemises de nuit blanches et de bonnets de coton, se suivent en file indienne, chacun muni d’un soufflet de cheminée. L’action : Ils tentent de “souffler” (purifier ou taquiner) le derrière du voisin de devant. C’est un vestige des rites de purification du printemps pour chasser les mauvais esprits de l’hiver.
  • La danse de la souche : Liée au rite de fertilité un cep de vigne est porté à l’église pour la bénédiction. Ensuite on dans autour de la souche. Avant de la porter au bucher. Les anciens récupéraient les morceaux brulés pour se garantir d’une récolte abondante de raisin

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